La source de la foi

La profession de foi de l’Apôtre Pierre à Césarée de Philippe, dans l’Evangile d’aujourd’hui, est la matrice de l’expérience de la foi qui doit devenir nôtre.
Questionné par le Christ, Pierre expérimente dans sa réponse ce que veut dire « croire » pour un disciple. Croire, ce n’est pas redire ce que pensent les hommes, c’est être saisi par le mystère et la personne du Christ.
Pour faire vivre cette expérience aux 12, Jésus les emmène au pied de l’Hermon, au Nord d’Israël, dans un lieu totalement païen : Césarée de Philippe. C’est là que se trouvent les sources du Jourdain, ce fleuve de vie qui irrigue la Géographie et l’Histoire Saintes. Là se trouvent cachées les cataractes du Jourdain (à Dan, précisément). Jésus emmène sa première Eglise dans ce lieu pour leur faire découvrir la foi comme une source jaillissante qui les transcende complètement. Une source qui ne vient pas d’eux, merveilleuse. Un psaume dit « A la source d’Israël, il y a Dieu »
La foi irrigue la vie, comme le Jourdain donne la fertilité.
La foi est une découverte que chacun peut faire, s’il prend le temps de suivre le Christ. Pas forcément longtemps, mais là où Il veut les emmener.
La foi est un jaillissement dans un monde païen, elle est cachée en chacun, à l’intérieur de nos paganismes comme un appel irrésistible de la Vérité qui rend libre.
La foi est une relation qui ne peut durer que si elle s’établit sur un Corps qui l’authentifie : « Tu es Pierre et sur cette pierre…. »
La foi n’est pas intuition personnelle, elle est au-delà d’un acte d’admiration du Christ : une expérience d’Amour qui permet à celui qui reniera Jésus de se savoir quand même sauvé et aimé de Celui qu’il trahira. La foi est Révélation d’un Amour de salut, sans mesquinerie.
La foi, c’est savoir qu’on est un mini-croyant, mais que notre mère Eglise nous éduque pour nous indiquer toujours qui est notre Père, puisqu’elle nous donne le Fils Unique. C’est toujours la mère qui affirme qui est le père !
La foi, ce n’est pas croire que l’on sait, c’est savoir qu’on a besoin de l’Eglise pour rester croyant !

Père Philippe Marsset, 20 ans de sacerdoce


Evangile du jour : Matthieu 16, 13-19

19:40 Ecrit par St Pierre de Montrouge dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

« Chrétien avec vous, prêtre pour vous»

Baptisé depuis 77 ans, confirmé depuis 65 ans, ordonné depuis 50 ans.
 
« Chrétien avec vous », vous en particulier avec lesquels nous avons parcouru un chemin de foi à différentes étapes de nos existences. Tous ont du poids dans ma vie, qu’ils le sachent ou non, que je m’en souvienne ou non. Là se situe une communion profonde dans la foi au Christ-Jésus au-delà du sensible et du temps. Jésus mort et ressuscité nous ouvre à la vie. « Jésus–Christ, c’est tout », parole qui m’a profondément touché aux tournants de la vie et de la foi, reste lumière.
Ce Jésus-Christ n’est pas solitaire. Il nous renvoie sans cesse à son Père : « Comme le Père m'a aimé .. Comme le Père m’a envoyé.. Je vais vers mon Père.. ». Il nous envoie l’Esprit qui vient féconder notre vie de foi. « Je vous enverrai l’Esprit qui vous fera comprendre mes paroles. ». Dieu communion d’amour. Dieu Amour. Nous sommes introduits dans le « mystère de la foi » que nous n’avons jamais fini de pénétrer et d’annoncer jusqu’à l’ultime de la vie. « Le chrétien sait quand le temps est venu de parler de Dieu et quand il est juste de le taire et de ne laisser parler que l’amour » nous dit Benoît XVI.
« Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur » Ces paroles du Concile Vatican II résonnent toujours en moi et en « vous avec lesquels je suis chrétien ». Amis qui ne partagez pas notre foi, vous êtes nos frères. Si notre cœur est parfois à l’étroit, nous savons « que le cœur de Dieu est plus grand que notre cœur ».

« Prêtre pour vous ». Jésus-Christ est venu « pour nous les hommes et pour notre salut »- « Il est venu pour servir et sauver ». Le prêtre est ordonné pour en être signe. L’eucharistie, « source et sommet de la vie de l’Eglise » comme le dit le concile est au cœur de la vie des « prêtres pour vous » que nous sommes. Est signifié au plus profond ce grand mouvement Pascal du Christ Sauveur. « Par lui, avec lui et en lui sont rendus à Dieu le Père Tout Puissant dans l’unité du Saint Esprit tout honneur et toute gloire pour les siècles des siècles ».
« Je serai avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps » nous dit Jésus.

Que l’action de grâce habite nos cœurs. Que le Seigneur soit avec vous.

Père Michel Guittet


Evangile du jour : Matthieu 10, 26-33

19:20 Ecrit par St Pierre de Montrouge dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

La fidélité à l'usure du temps

Quelle distance parcourue entre le récit de l’Exode (première lecture) : "Vous serez mon domaine particulier, un royaume de prêtres, une nation sainte..." et l’évangile de Matthieu (troisième lecture) : les foules étaient abattues, comme des brebis perdues sans berger..."

En quinze siècles l’usure du temps a marqué de son empreinte le peuple choisi et privilégié. Non que Dieu ne soit plus fidèle à son alliance mais les hommes ont peine à durer dans la fidélité, tentés par la recherche parfois égoïste du pouvoir et la mise en avant de leurs intérêts.

Si cela arriva jadis...cela peut encore nous menacer vingt siècles après le Christ. La société contemporaine pourrait être tentée par la facilité du "chacun pour soi" qui privilégie les forts, les puissants, les nantis au détriment des faibles, des petits, des pauvres.

Le projet divin, toujours actuel, ambitionne de faire de tous et de chacun un prêtre, un prophète, un roi : ce qui sous-entend qu’il faille laisser la place à l’autre et le reconnaître dans sa dignité de fils et de fille de Dieu, alors même qu’il est malade, infirme, âgé, immigré, sans travail, mal vêtu ou mal logé.

Participer, avec ses moyens, à la transformation matérielle de la société est une bonne chose. Mais entretenir une relation, par la prière, avec Dieu est une très bonne chose : Elle permet de retrouver le sens de toute chose dont parlait Dieu à Moïse et qui fut vécue pleinement par Jésus, comme le rappelle saint Paul (deuxième lecture):" Lui qui est mort par amour".

C’est donc l’amour que nous découvrons et comprenons par la prière, qui peut nous tourner vers le prochain, parce que nous y aurons entendu Dieu.

Père Jean-Charles BARBOURE


Evangile du jour : Matthieu 9, 36 - 10, 8

21:20 Ecrit par St Pierre de Montrouge dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

Entrée réservée ?!

La réponse de Matthieu (Lévi) à l’invitation du Christ est fascinante. Pour deux mots, pour un appel simple et bref, pour un « suis-moi ! », il « se leva et le suivit ». Matthieu ne prend pas le temps de réfléchir ou de s’informer sur Jésus, de discerner ou d’évaluer sa proposition. Il ne prend même pas le temps de terminer ce qu’il faisait, d’avertir ses proches, ou d’expédier les affaires courantes : à ce simple et bref appel du Christ, il répond tout aussi simplement : « il se leva et le suivit ».

Matthieu perçoit bien la puissance de l’appel du Christ : s’il appelle, c’est par amour, c’est par grâce. Il perçoit que l’appel exigeant de Jésus contient tout ce qu’il veut lui donner, toute sa miséricorde, même s’il n’a aucune idée de ce que recouvre concrètement ce « suis-moi ! ». Or ces deux mots, à eux seuls, viennent le sortir de sa situation, de sa misère, de son péché, de l’asservissement dans lequel il s’est installé. La réponse de Matthieu est fascinante par sa radicalité et sa confiance dans le Christ, mais plus encore par sa juste perception de l’appel du Christ comme un appel puissant de son amour, de miséricorde et de grâce.

C’est bien la raison pour laquelle il y a tant d’invités et de pécheurs au repas que le Seigneur prend avec ses disciples, et leur présence révèle précisément le sens de tous les appels exigeants du Seigneur, de toutes les prophéties de l’histoire d’Israël, de toutes les remontrances du Seigneur à son peuple : elles sont une invitation aux pécheurs. Les invités au repas n’ont pas d’autre distinction que celle-ci : ils sont pécheurs.

Or, nous le sommes tous. Que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre. Pharisiens, publicains et les autres, nous sommes pécheurs. Le reconnaître, c’est se rendre disponible à l’appel du Christ, c’est écouter où se tient le « suis-moi » que le Christ adresse. Le pharisien qui découvre qu’il est pécheur se découvre appelé, invité, pardonné, comblé de l’amour de Dieu. Comme à Matthieu, le Christ adresse sans cesse à chacun un « suis-moi » qui le tire de son péché pour l’établir avec Lui, dans la grâce d’un repas pris avec les autres pécheurs, dans la grâce d’une communauté eucharistique qui sait bien que de Lui seul vient toute miséricorde, tout pardon et tout bien.

Il n’y a vraiment pas de quoi s’offusquer que le repas soit réservé aux pécheurs !

Père Denis TOSSER

Evangile du jour : Matthieu 9, 9-13

19:15 Ecrit par St Pierre de Montrouge dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

LE « DIRE » ET LE « FAIRE »

          A lire rapidement l’Evangile de ce dimanche on pourrait penser que le Royaume des cieux, le salut, la vie définitive en Dieu, se conquièrent à la force du poignet. En bénéficieront ceux qui « font », pas ceux qui « disent ». Jésus ne dit pas tout à fait cela. Il affirme : « Il ne suffit pas de me dire : ‘Seigneur, Seigneur’… » Au fond Jésus n’interdit pas de « dire », il invite à aller plus loin et à prendre conscience de toute la dimension de cet appel : « Seigneur, Seigneur… » Se tourner vers Jésus et reconnaître qu’il est Seigneur est une belle profession de foi.
          La foi, c’est accepter d’être appelé par Dieu tel que je suis, avec mes infirmités de toutes sortes et mon indignité, c’est appuyer sur la fidélité de Dieu ma faiblesse à être fidèle à cet appel initial, c’est accepter d’être sauvé par Dieu en Jésus qui, dans l’accomplissement même du salut, est manifesté comme Seigneur. C’est accepter d’être ajusté à la volonté « du Père qui est aux cieux » non par son propre choix, ni par sa propre recherche, ni par ses propres forces, mais par la grâce, le don gratuit (pléonasme inévitable pour exprimer le don absolument total, le don au-delà du don, le par-don…) de Jésus le Christ. La foi, c’est ouvrir toute sa vie au Christ Jésus et se laisser transformer par lui.
          Si cet accueil est réel, le fruit en sera l’accomplissement de la volonté du Père. La volonté du Père, ce sont les commandements qu’Il a donnés à Jésus et que celui-ci a gardés fidèlement. A son tour Jésus les confie à ses disciples, à ceux qui croient en lui. Ils se résument en un seul : « Mon commandement, le voici : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jn 15,12). J’entends « les uns les autres » pas seulement « entre disciples » mais « entre frères de toute l’humanité »…
          C’est dans ce dynamisme de Dieu qui, en Jésus, prend l’initiative de venir jusqu’à nous qu’il faut comprendre l’expression « tout homme qui ECOUTE ce que je vous dis là et le MET EN PRATIQUE… » Il ne faudrait jamais séparer l’ « écoute » et la « mise en pratique » qui sont l’ensemble d’une seule et même démarche. Ecouter, c’est faire un effort de volonté, tendre l’oreille, mais aussi entendre, laisser les mots pénétrer jusqu’au cœur de façon à le transformer pour aboutir au faire. En Jésus, qui passe de longues nuits en prière avant d’agir, il n’y a pas de séparation entre l’écoute du Père et les actes. C’est pourquoi il peut nous dire que celui qui fait ainsi l’unité de son existence a la vie et que celui qui la sépare court à la ruine.

 
Père Philippe MAIRE         


Evangile du jour : Matthieu 7, 21-27

19:10 Ecrit par St Pierre de Montrouge dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

GLORIFIER, CONNAÎTRE, DONNER, DANS LE MONDE

         GLORIFIER, CONNAÎTRE, DONNER, DANS LE MONDE

          Entre Ascension et Pentecôte nous sommes invités à méditer la prière de Jésus « à l’heure où il passait de ce monde à son Père ». Quatre mots y reviennent avec insistance : glorifier, connaître, donner, le monde, qui sont intimement liés les uns avec les autres.
          Glorifier ou rendre gloire, c’est manifester l’être profond de quelqu’un, révéler ce qu’il est en vérité. Ainsi Jésus a-t-il manifesté l’être profond du Père, à savoir « aimer ». « Dieu est amour ». Mais savons-nous vraiment ce que c’est ? Pour en avoir un tant soit peu l’expérience il faut contempler l’œuvre accomplie par Jésus jusqu’à, sur la Croix, donner sa vie pour les hommes. Pas n’importe comment. En acceptant de se soumettre à leur méchanceté, les rejoignant ainsi dans leur détresse pour les en libérer. En cela Jésus lui-même est glorifié, reconnu pour ce qu’il est en vérité, le Fils de Celui qui n’est qu’amour. Il nous fait partager cette gloire. En nous donnant sa vie, la vie même de Dieu, il nous emporte dans ce mouvement d’amour, nous donnant d’aimer à notre tour et de manifester que l’amour (l’Amour) est présent dans le monde.
          Ce qui n’est rien d’autre que de connaître Dieu. Dans la Bible on ne connaît vraiment quelqu’un que si on entre avec lui dans une relation qui engage la personne toute entière. Connaître Dieu, c’est se donner à lui et, se donnant à lui, se donner aux frères. Ainsi devenons-nous ce que nous sommes, image et ressemblance de Jésus, image et ressemblance de Dieu.
          Bibliquement, impossible, nous le voyons, de parler d’amour et de connaissance sans parler de donner. Ce don, dans les deux sens, relie en chaîne le Père au Fils, et le Fils aux hommes. Le Père se donne au Fils, le Fils se donne aux hommes. Les hommes, vivant dans l’amour  (ou essayant…) se donnent au Fils et le Fils se rend au Père… Immense action de grâce.
          Jésus prie pour nous qui avons à vivre cela dans le monde. Le monde, c’est à dire l’ensemble de la création et l’humanité en particulier, mais aussi toutes les forces qui sont étrangères et hostiles à Dieu, auxquelles il arrive à l’homme de prêter main forte. Mais Dieu a sauvé – vaincu – le monde dans l’acte même où il était atteint par cette hostilité. Etant dans le monde nous y sommes encore affrontés, mais sûrs que la victoire est acquise (l’espérance). C’est le temps de l’Eglise, inauguré par les Onze, Marie, quelques femmes et quelques frères rassemblés dans la prière, et mis en vitesse de croisière par l’événement de la Pentecôte.

 

    Père Philippe MAIRE

 

Evangile du jour : Jean 17, 1b-11a 

19:00 Ecrit par St Pierre de Montrouge dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

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La lettre de Saint Pierre montre que la vie chrétienne en tant qu’expérience spirituelle commence par une profession de foi vécue au quotidien. Il s’agit d’un témoignage qui rend compte de notre espérance fondée par l’événement pascal : la mort du Christ dans l’obéissance à son Père, et sa résurrection comme approbation et accueil par le Père du don de sa vie.
Cette affirmation de Pierre a une résonance avec ce que nous dit l’Evangile de Jean. De même qu’il a été fidèle à la volonté de son Père, de même, Jésus invite ses disciples à la fidélité à ses propres commandements. Etre fidèle aux commandements de Jésus c’est lui témoigner de l’amour et de la reconnaissance.
L’amour de Dieu, entendu comme amour de Jésus, et la fidélité à ses commandements sont deux réalités inséparables. Ce sont une seule et même exigence qui conduit à la Vision de Dieu et à la Vie : « le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant et vous vivrez aussi. »
« Vous reconnaîtrez que ’’Je Suis’’ en mon Père. » Savoir reconnaître Jésus dans l’unité à son Père c’est nous identifier en tant que chrétiens dans notre relation au Christ. Nous nous situons là dans une relation privilégiée et intime d’autant plus que le Christ nous met dans la confidence de ce qu’il partage avec le Père. Il est « Je Suis » en son Père. Et il nous invite à  ’’être’’ en lui, grâce à lui, dans une relation de confiance, d’obéissance et d’amour.
Cette vérité nous est révélée par l’Esprit Saint : en Jésus Christ la vie de Dieu nous est communiquée, par lui, l’amour de Dieu nous envahit complètement et nous transforme au point que nous pouvons aimer à notre tour. Voilà toute notre joie.


            Père Cyprien BOMBANGUI


Evangile du jour : Jean 14, 15-21

19:00 Ecrit par St Pierre de Montrouge dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

« Merci, Philippe ! »

Oui, merci pour la demande que tu oses faire à Jésus, ton Maître : « Montre-nous le Père, cela nous suffit ! ». Ta naïveté audacieuse nous enlève tout complexe spirituel. Plus aucune question, après celle-là, ne sera impertinente ni dans notre prière, ni en théologie: « Je veux voir Dieu » : Rien que cela…

Pour un Juif, voir Dieu, c’est mourir. (Et l’inverse est vrai aussi : mourir, c’est voir Dieu !) Philippe ne veut probablement pas mourir, mais il perçoit une telle proximité entre son Maître et Dieu Lui-même qu’il veut en savoir plus.

Nous devons donc entendre la réponse du Fils Unique au-delà de toutes nos pensées et tergiversations: «Je suis dans le Père et le Père est en moi ». Chacun de nous deux est en l’Autre, sans être l’Autre car un Tiers (l’Esprit Saint) est notre communion, notre unité.

Celui qui parle (le Fils) prend la Parole solennellement en affirmant sa divinité :  « Moi, JE SUIS » - c’est Dieu qui parle, oui- « Je suis le chemin, la vérité et la vie ». Jésus dit pleinement Dieu dans son mystère.

Dans son égalité avec le Père, inspiré par l’Esprit, Jésus nous laisse également entrevoir qu’il y a entre eux Trois une totale « union sans confusion », une effusion sans fusion. On pourrait ainsi dire de Dieu, dans son mystère trinitaire, qu’Il est aussi le chemin ( le Fils), la Vérité ( l’Esprit) et la Vie (l’origine, le Père). Car ce « JE SUIS » est proprement divin. « Je suis dans le Père et le Père est en moi ».

Ces Paroles, prononcées à quelques heures de sa Passion au cours de la Sainte Cène, sont proclamées pour nous, dans la liturgie, au temps de Pâques pour éclairer ce moment insoutenable de la Croix : Pour que les disciples sachent que sur la Croix, Jésus est bien le Chemin qui mène en Vérité vers la Vie. Tout le mystère trinitaire nous est connu, nous est révélé dans le mystère de la Croix.

                        Père Philippe Marsset


Evangile du jour : Jean 14, 1-12


09:40 Ecrit par St Pierre de Montrouge dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

Le Berger et la Porte

          Souvenez-vous : avant Pâques, le 4ème dimanche de Carême, Jésus avait guéri un aveugle-né et celui-ci, parce qu’il avait témoigné en sa faveur, avait été chassé par les Pharisiens, eux qui se prétendaient des maîtres spirituels, habilités à guider le peuple. Immédiatement après l’évangéliste Jean nous rapporte deux petites histoires racontées par Jésus à leur adresse, où il se met en scène, sous les images du vrai berger et de la porte de la bergerie, pour leur faire comprendre la véritable attitude de celui qui a mission d’être « responsable » comme nous dirions aujourd’hui.

         Le vrai berger a charge de guider les brebis vers Dieu, les accueillant toutes, comme elles sont, sans en rejeter aucune. Il est attentif à chacune, l’appelant par son nom, et chacune reconnaît la voix de cet appel, une voix unique entre toutes, parce que c’est la voix de l’amour. « Je t’ai appelé par ton nom, tu as du prix à mes yeux. » (Isaïe 43,1-4) – « Il m’a aimé et s’est livré pour moi. » (St Paul, Gal 2,20) – « Jésus ressuscité lui dit ‘Marie’ ! Marie-Madeleine se tourne et lui dit ‘Maître’ » (Jn 20,16).

          Jésus se compare ensuite à la porte des brebis. Il est l’ouverture, le passage qui donne accès à l’autre côté, à l’au-delà de ce qui fait le mur sur lequel viennent buter nos existences, à savoir la mort. Parce qu’il a fait de sa mort, semblable à la nôtre, le don total de lui-même au Père, le témoignage du plus grand amour, le témoignage de ce qui est sa vie même, cette mort a été vaincue, et faisant corps avec nous par son incarnation, il nous a entraînés dans cette victoire. « Si quelqu’un entre en passant par moi il sera sauvé » (Jn 10,9).

          Tous les hommes sont appelés à entrer dans la bergerie dont le Seigneur est le pasteur. L’Eglise, peuple de ceux qui ont déjà répondu, est dans le monde le signe de cet appel universel. En elle, dans sa structure, à travers ceux qui sont choisis pour le ministère ordonné, évêques, prêtres et diacres, est signifié que c’est bien le Christ qui en est le pasteur. A l’exemple du Christ, au nom du Christ, « dans la personne » du Christ, ces ministres ordonnés sont chargés d’appeler vers Dieu leurs frères humains, de leur ouvrir la porte qui mène à la vie et de leur en montrer le chemin. Autrement dit ils ont mission d’enseigner, de sanctifier et de gouverner. Ce service (ministère) vaut largement la peine et la joie de ceux qui s’y engagent. Aujourd’hui, en ce dimanche du Bon Pasteur, nous prions, avec la confiance d’être exaucés, pour qu’ils ne manquent jamais.

                    Père Philippe MAIRE                    


Evangile du jour : Jean 10, 10

15:16 Ecrit par St Pierre de Montrouge dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

« Le visage du Christ apparut tout autre » Et le nôtre, comment apparaît-il ?

Visage de Dieu
Dieu aime pour toujours ceux qu’Il a créés et Il donne aux hommes des relais vers le salut, vers leur Sauveur.

Visage du Christ
Le Christ révèle en un instant, sur le mont de la Transfiguration ,qui Il est.
Soleil de justice, lumière née de la lumière.
C’est Lui l’ultime Parole de Dieu aux hommes.
Il vient à nous par les chemins croisés de la gloire et de la souffrance, de la puissance et de la faiblesse, de la mort et de la résurrection.

Visage de l’Eglise
Jésus s’est manifesté en faisant resplendir la vie par l’annonce de l’Evangile, message de lumière destiné aux hommes.
L’amour de l’Evangile est la préoccupation de Paul qui ranime la ferveur de Timothée.
Oui l’Evangile est le projet de Dieu.

Notre visage, comment apparaît-il ?
Par sa résurrection, Jésus exprime qu’il a été relevé des morts, et nous, ne sommes-nous pas aussi destinés à être relevés d’entre les morts comme notre Seigneur.
Voici que sans plus attendre, nous sommes conviés à partir, à faire confiance, à devenir des « Abraham » de notre temps.
Voir celui dont le visage sera méconnaissable, comme le dit Isaïe.
Arborer un visage de transfiguré : cela comble de joie ceux pour qui la misère est insoutenable.
Désormais, lorsque des visages d’hommes blessés me feront face à nouveau, restera une voix : « Celui-ci est mon Fils bien aimé, en qui j’ai mis tout mon amour ». Cela suffira à combler tous ces déserts que nous vivons.
« Les vrais regards d’amour sont ceux qui nous espèrent » disait un mystique.

N’ayez pas peur, car en 2008, la Parole du Christ secoue encore le cœur des hommes.

Comme Jésus, allons sur la montagne pour prier, écouter et vivre et il nous dira comme aux disciples « C’est moi, n’ayez pas peur » alors qu’ils ne voyaient plus que Jésus seul.

La transfiguration ? Nous la verrons, et d’autres la verront : sur nos propres visages défigurés devenus transfigurés.
                                Michel Marullaz
                                Diacre permanent


Evangile du jour : Matthieu 17, 1-9


20:10 Ecrit par St Pierre de Montrouge dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

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